Cent pages avec Jules Roy par Hamid Bousselham. Editions Rahma

Cent pages avec Jules Roy  par  Hamid Bousselham. Editions Rahma
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# Posté le dimanche 14 janvier 2007 13:33

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 08:27

Bienfaits de la colonisation

Bienfaits de la colonisation
Bienfaits de la colonisation


Ferme Améziane, 1959. Centre d'interrogatoires de l'armée française, près de Constantine.






« Deux hommes sont debout dans un fossé plein d'eau, l'un simplement vêtu d'un slip, l'autre, nu, squelettique (...). A gauche, sur la berge, deux hommes en uniforme rient. Celui qui est devant, en pointant son bâton vers le sexe du prisonnier, désigne l'objet de ses sarcasmes. Immédiatement d'autres images d'hommes décharnés et nus se superposent, et le regard, prisonnier de l'image et de la mémoire, bute sans cesse sur l'horreur et l'humiliation... »

A travers le viseur. Algérie 1955-1962, Claire Mauss-Copeaux, éditions Aedelsa

© LE MONDE

# Posté le vendredi 12 janvier 2007 10:09

DANIEL TIMSIT ALGERIE Récit Anachronique EDITIONS RAHMA

DANIEL TIMSIT ALGERIE Récit Anachronique EDITIONS RAHMA
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# Posté le vendredi 12 janvier 2007 08:01

" Cent pages avec Daniel Timsit " par Hamid Bousselham

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# Posté le vendredi 12 janvier 2007 06:50

ADIEU L'AMI

DJELLOULI ABDENNOUR
Un architecte de talent et un homme de coeur nous quitte




La communauté nationale des architectes vient de perdre l'un de ses membres les plus talentueux même si sa modestie l'a réduit à être méconnu en son propre pays. C'était aussi un homme de c½ur, viscéralement attaché à son pays, ses habitants et leurs coutumes dont il s'inspirait volontiers de ses ½uvres. C'est dire combien ses amis autant que sa famille peuvent pleurer la disparition de cet homme d'exception.
Il a de qui tenir ces hautes qualités morales, lui le fils respectueux du Cheikh Djellouli El Meliani, son père, cet autre homme de piété et de connaissances religieuses qui avait consacré toute sa vie à la protection du mausolée de Sidi Abderrahmane El Thaâlibi, ce maître symbolique d'Alger. C'est, d'ailleurs, en cet endroit enfoui au c½ur de la Casbah qu'Abdennour lui-même, selon sa volonté, vient d'être enterré à l'âge de 56 ans. Doté dès son plus jeune âge de facultés artistiques peu habituelles, Abdennour s'est orienté vers les études d'architecture qu'il a brillamment suivies dans la prestigieuse Ecole des beaux-arts de Paris dont il est sorti diplômé en 1976. Il aura vite fait de se heurter, de retour au pays, aux pesanteurs du système et à la bureaucratie tatillonne. Aucune opportunité sérieuse ne lui a été offerte — ne lui sera offerte — pour donner la mesure de son talent, luimême refusant, au surplus, de concourir pour des projets officiels où son esprit d'innovation et l'audace de son génie créatif auraient été fatalement bridés. Certes, il eut à donner, presque par accident, un aperçu de son talent à travers de modestes mais intéressantes réalisations à l'intérieur du pays, dont il tirait fierté, en effet, tant il estimait que la beauté et l'esthétique introduites dans des habitations collectives constituaient un droit pour les citoyens. Mais ce sont, en définitive, les demeures de ses amis qui ont permis, le plus, à son génie d'éclater. D'apparence toujours sobre, largement éclairées avec des lignes à l'élégance épurée, ces demeures portent, chacune à sa manière, la trace de l'imagination vagabonde de l'architecte, mais encore plus sa marque affective tant il est vrai que sur chaque arpent de terrain dessiné et dans chaque espace construit, il aura laissé, par la force des choses, une partie de lui-même. Pour avoir préféré étancher la soif esthétique de ses amis plutôt que de réaliser des bâtiments administratifs désincarnés, il lui fallait, sans doute, être détaché des attraits matériels de la vie. Je peux témoigner qu'il leur vouait du dédain. Hormis le cigare qu'il conservait éternellement aux lèvres et les bottes anglaises vieillies mais dont il prenait grand soin, rien dans son comportement de tous les jours ne laissait poindre un quelconque goût du luxe... Déjà marié et engagé dans la vie professionnelle, dispensé, pourtant, des obligations du service national, il eut la surprise de recevoir une convocation pour une contrevisite médicale car il était estimé que l'affection qu'il avait contractée avait du disparaître entre-temps. Imparable mode de réflexion de l'administration publique en Algérie. Il vint me voir, alors, avec une requête déroutante : «Trouve-moi la solution que tu veux, l'essentiel est que l'administration ne me court pas derrière la vie durant...» Je lui proposais d'accomplir les obligations du service national sous la forme civile, en usage exceptionnel alors, et il fut affecté à l'Ecole militaire d'éducation physique et sportive, bifurcation importante dans son itinéraire, puisqu'il noua de profondes et durables amitiés parmi tous les officiers qu'il eut à rencontrer, du plus âgé au plus jeune, du plus gradé au simple djoundi. Mais ses véritables compagnons furent, sans doute, les grands architectes de ce monde dont il aimait à contempler, voluptueusement, les ½uvres. Son c½ur balançait, incontestablement, vers Pouillon, cet autre architecte talentueux à l'itinéraire contrarié, dont il aimait à évoquer les ½uvres essentielles en soulignant combien elles s'adaptaient au contexte méditerranéen de l'Algérie. Il était, aussi, adepte de Le Corbusier, artiste et bâtisseur audacieux s'il en fut, comme il aimait à le dire. Combien il prenait plaisir, également, à réfléchir et à propos des grands défis urbanistiques de l'Algérie, critiquant, sans ménagement, la production massive d'habitations au détriment de la qualité et de l'esthétique. L'une des rares fois où je le vis sortir de sa sérénité légendaire, ce fut bien lorsqu'un de ses confrères, plaisantant au demeurant, lui fit le reproche d'être «un architecte du luxe». Il s'offusqua, en effet, froissant ses dessins pour se murer un moment dans le silence avant d'exploser : «C'est l'imbécillité des hommes et l'incurie des responsables qui font croire que la beauté est un luxe dont le peuple doit être privé !» Le destin aura voulu que je ne rencontre pas pour ses derniers jours Abdennour déjà affecté par la maladie et je conserve au fond de mon c½ur l'image de son personnage négligé, mais élégant, affable et toujours souriant. Ne pouvant parler, il m'adressait des SMS pleins d'attention et totalement révélateurs d'une personnalité profondément bonne et passionnément idéaliste. Djellouli Abdennour a rejoint l'Eternel en sa dernière demeure, je suis fier d'avoir compté parmi ses amis.
Mohamed Chafik Mesbah
Le Soir d'Algérie Jeudi 11 Janvier 2007
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# Posté le jeudi 11 janvier 2007 06:16