Edmond Charlot

Edmond Charlot
Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : la navigation, Rechercher
Edmond Charlot (15 février 1915 - avril 2004), libraire et éditeur à Alger puis à Paris, publia les premiers livres d'Albert Camus mais aussi de Jules Roy, Max-Pol Fouchet, Emmanuel Roblès. « Éditeur de la France libre » durant l'Occupation, il fut, depuis la fin des années 1930 jusqu'au milieu des années 1950, l'un des personnages clés de la littérature française.

Sommaire [masquer]
1 Biographie
2 Sources
3 Bibliographie
3.1 Sur Edmond Charlot
3.2 Entretiens radiophoniques
3.3 Ouvrages généraux
4 Lien externe



Biographie [modifier]
Edmond Charlot naît à Alger dans une famille établie en Algérie dès 1830. Son grand-père maternel est d'origine maltaise. Au lycée d'Alger, il fait la connaissance du peintre Sauveur Galliéro et, en classe de première, d'Albert Camus, alors en classe d'hypokhâgne. En 1934 leur professeur de Philosophie, Jean Grenier, qui avait encouragé Camus et Mouloud Mammeri à écrire, lui conseille l'édition et promet de lui donner un texte. Sous ses initiales « E. C. » Edmond Charlot publie en mai 1936 Révolte dans les Asturies, pièce de théâtre collective écrite d'après un scénario de Camus, interdite par la municipalité d'Alger, puis sous le signe des « Editions de Maurétanie » deux autres ouvrages. En hommage à Jean Giono et avec son autorisation, Edmond Charlot ouvre le 3 novembre 1936 à Alger, 2 bis rue Charras, à deux pas des facultés, une minuscule librairie « Les Vraies richesses », offrant Rondeur des jours de Giono, qu'il publie sous la même enseigne, à ses premiers clients. Tout à la fois bibliothèque de prêt, maison d'édition et galerie d'art (Bonnard y est le premier peintre exposé), elle devient l'un des principaux lieux de rencontre des intellectuels d'Alger, écrivains, journalistes et peintres.

Edmond Charlot créée simultanément en 1936 sa première collection, « Méditerranéennes » dans laquelle il publie un recueil de poèmes de René-Jean Clot, en mai 1937 L'Envers et l'endroit de Camus, familier des « Vraies richesses », Simples sans vertu de Max-Pol Fouchet, en juin Santa-Cruz et autres paysages africains de Jean Grenier. Réalisant jusqu'alors un livre tous les deux mois, Charlot suspend ensuite, pour des raisons familiales et économiques, son activité d'éditeur mais publie en 1938 un premier livre de Claude de Fréminville, deux ouvrages de Gabriel Audisio, et en décembre 1938 et février 1939 les deux numéros de la revue « Rivages », dont le manifeste est rédigé par Camus, le troisième numéro, consacré à Federico Garcia Lorca, étant saisi et détruit par les autorités de Vichy. En mai 1939 Edmond Charlot publie Noces de Camus puis, mobilisé en septembre à Blida, abandonne pour dix mois la gestion de sa librairie. Démobilisé en juillet 1940 il reprend ses activités auxquelles il associe Camus, installé à Le Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire), en tant que lecteur et conseiller littéraire.

En mai 1941 Charlot inaugure la collection « Fontaine », dirigée par Max-Pol Fouchet, qui publie Rainer Maria Rilke, Gertrude Stein, dans les années suivantes Pierre Jean Jouve, Pierre Emmanuel, Georges-Emmanuel Clancier, Philippe Soupault et en août la collection « Poésie et théâtre », dirigée par Camus, avec notamment le « Romancero gitan » de Lorca, des proses de Tristan Corbière. Les ouvrages de Charlot, déjà suspecté par le régime de Vichy, sont étiquetés à Paris comme « à ne pas communiquer » par la Bibliothèque nationale. Gertrude Stein ayant, de plus, exprimé en février 1942 sur une radio française sa fierté d'être publiée par « un éditeur dynamique et résistant », Edmond Charlot, « présumé gaulliste sympathisant communiste », est une semaine plus tard durant une vingtaine de jours mis au secret à la prison Barberousse puis placé en résidence surveillée dans le village de Charron, près d'Orléansville (Ech Chelef).

Après le débarquement des Américains le 8 novembre 1942 et l'arrivée à Alger de nombreux écrivains et artistes, Charlot, remobilisé, dirige le service des publications au Ministère de l'information du gouvernement provisoire, participant à la création des « Editions France » qui, parmi une douzaine d'ouvrages, publient Jacques Rivière, Georges Duhamel, Charles Péguy, André Suarès. Désormais installé rue Michelet, Edmond Charlot devient de fait l'éditeur de la France libre dont Alger est la capitale. Après Manosque des plateaux de Giono en 1941, alors que l'auteur se trouve incarcéré pour pacifisme, Charlot publie en 1942 Tous ensemble au bout du monde, pièce de théâtre qui ridiculise le régime de Vichy, de Philippe Soupault, avec qui il projette la création de la collection « Les Cinq continents » dont la trentaine de volumes, de Virginia Woolf, Aldous Huxley, Jane Austen, Edgar Allan Poe, Henry James, Arthur Koestler, David Herbert Lawrence, Alberto Moravia, ne paraîtront qu'à partir de 1945 à Paris. Edmond Charlot édite également Roger Frison-Roche et, en 1943, un premier livre d'André Gide, L'Armée des ombres de Joseph Kessel, Ciel et terre de Jules Roy, titre d'une collection qui sera dirigée par le romancier à partir de 1946. Il réimprime Le Silence de la mer de Vercors qui lui est transmis depuis Londres, et regroupe plusieurs ouvrages dans la collection « Les Livres de la France en guerre ». En février 1944 il publie le premier numéro de la revue « L'Arche », créée sur une initiative d'André Gide et dirigée par Jean Amrouche et Jacques Lassaigne, qui rassemble notamment des textes de Saint-Exupéry, Jacques Maritain, Pierre Mendès-France.

Après la Libération Edmond Charlot est affecté en décembre 1944 au Ministère de l'information à Paris et installe le siège de ses éditions près de Saint-Germain-des-Prés, rue de la Chaise, en 1945 rue de Verneuil, en 1947 dans une ancienne « maison » de la rue Grégoire-de-Tours qui avait compté Apollinaire parmi ses clients, et publie notamment des ouvrages de Henri Bosco (Le Mas Théotime, 1945, Prix Renaudot), Jean Amrouche (Chants berbères de Kabylie, 1946) et Marie-Louise Taos Amrouche (Jacinthe noire, 1947) ), Jules Roy (La Vallée heureuse, 1946, Prix Renaudot), Emmanuel Roblès (Les Hauteurs de la ville, 1948, Prix Fémina) et des poèmes en prose de Jean Lescure (La Plaie ne se ferme pas, avec une lithographie d'Estève, 1949). En 1947 Charlot commence la publication des « 10 meilleurs romans français choisis par André Gide ». Parmi les titres publiés par ses soins figurent encore des ouvrages de Georges Bernanos (1944), Yvon Belaval (1946), Arthur Adamov (1950). Cependant « les affaires de Charlot ne résistèrent pas au succès. Faute d'une solide réserve de financement, faute d'assurances, malmené par ses rivaux, en butte à la férocité et à la jalousie des vieilles maisons, il sombra», écrit Jules Roy (Mémoires barbares, Albin Michel, 1989; Le Livre de poche n° 6899, 1991, p. 395). Malgré le soutien de l'Association des éditeurs résistants, ses difficultés financières s'accumulent à partir de 1948 et Charlot, ne pouvant trouver de capitaux ni obtenir de prêts, est condamné à s'endetter pour réimprimer et contraint de quitter ses éditions parisiennes, qui continuent quelques mois sous la direction d'Amrouche et Charles Autrand.

Edmond Charlot retourne ainsi en 1950 à Alger où il réalise des chroniques culturelles à Radio-Alger, tient une nouvelle librairie-galerie, publie dans « Méditerranée vivante » (1949-1953) puis « Rivages » (1949-1961) une quinzaine de nouveaux titres, notamment Le Fils du pauvre de Mouloud Feraoun, comprenant alors qu' « un petit accès de jalousie » d'Amrouche (« Le Monde », 13 août 1994) aura empêché ses éditions de le publier plus tôt, et un album de dessins de Charles Brouty présentés par Roblès. Simultanément, « Charlot va exposer (...) le meilleur de l'œuvre picturale - ou sculpturale parfois – algéroise, et comme il l'avait naturellement fait par l'œuvre écrite dans les années 40, dans ces années 54-62 il va reprendre le combat avec les toiles des peintres algériens », résume Jacqueline Moulin (dans « Loess »). Au long des décennies il aura organisé dans ses librairies puis pour la Galerie Comte-Tinchant des expositions, notamment, de Nicole Algan (1925-1986), Louis Benisti (1903-1995), Jean-Pierre Blanche, Charles Brouty, Jacques Burel (1922-2000), Marius de Buzon, Henri Caillet, Henri Chouvet, J.A.R. Duran (1914-1997), Sauveur Galliéro (1914-1963), Maria Moresca, Pierre Rafi, René Sintès, Marcel Bouqueton en 1953 et 1956), Maria Manton (1910-2003) en 1953 et Louis Nallard, Jean de Maisonseul (1912-1999), Hacène Benaboura (1898-1970), Bouzid (1929), Zérarti (1938).

En septembre 1961 Edmond Charlot subit, comme « libéral » opposé à tous les attentats, deux plasticages attribués à l'OAS qui détruisent la quasi-totalité de ses archives, de sa correspondance et des notes de lecture de Camus. En 1962 il revient à Paris et travaille durant trois ans au « Service de Recherche de l'ORTF » avec Pierre Schaeffer et Jean Lescure. En 1965 lui est confiée la responsabilité des échanges culturels franco-algériens à l'Ambassade de France à Alger. Il anime la galerie « Pilote » où il expose en 1966 les jeunes peintres algériens, parmi lesquels Baya, Aksouh, Mohammed Khadda dont il publie les Eléments pour un art nouveau (textes du peintre et d'Anna Gréki).

De 1969 à 1973 Edmond Charlot dirige ensuite le Centre culturel français de Izmir en Turquie, trouvant les moyens de faire réintroduire le français à l'Université, y édite encore, sous l'enseigne « Les Raisins de Smyrne », des poèmes de Jean Lescure (13 proverbes smyrniotes avec des illustrations de Georges Dayez), puis de 1973 à 1980 celui de Tanger, publiant sans nom d'éditeur une anthologie de la poésie marocaine d'expression française. Il s'établit ensuite à Pézenas, près de Montpellier (Hérault), animant avec Marie-Cécile Vène la librairie « Le Haut Quartier », fondant l'association et la collection « Méditerranée vivante » (aux Editions Domens) qui publie notamment des textes de Jules Roy, Jean Sénac, Jean de Maisonseul. Devenu presque entièrement aveugle, Edmond Charlot meurt à Béziers en avril 2004.

Son nom est donné l'année suivante à la médiathèque de Pézenas où est présentée une exposition d'une vingtaine de ses amis peintres, dont Aksouh, Nicole Algan, Baya, Benaboura, Benisti, Dayez, Galliéro, Khadda, de Maisonseul, Manton, Nallard. Les quelque trois cents ouvrages publiés par Edmond Charlot, dont un grand nombre ont été réédités par d'autres maisons, sont aujourd'hui recherchés par les bibliophiles.


Sources [modifier]
Alger au temps des « Vraies richesses », une ville, un libraire, témoignages recueillis par F. J. Temple, dans "Loess", n°13, Saint-Martin-de Cormières (Aveyron), janvier 1984.
Michel Puche, Edmond Charlot, éditeur, Bibliographie commentée et illustrée, Préface de Jules Roy, Pézenas, Editions Domens, 1995, 100 pages (ISBN 2910457060).

Bibliographie [modifier]

Sur Edmond Charlot [modifier]
Interview accordée à Eric Sellin par Edmond Charlot, dans « La revue des lettres modernes », n° 238-244, 1970 (pp. 153-165).
J.P. Péroncel-Hugoz, Edmond Charlot ou les vraies richesses de la culture pied-noir, dans Le Monde, Paris, 6 février 1987 (p.22).
Edmond Charlot, Entretiens avec Frédéric Jacques Temple - Les souvenirs d'Edmond Charlot. Les Vraies richesses dans « Impressions du Sud », n° 15-16, été-automne 1987 (pp. 4-12); L'éditeur de la France libre, n° 17, 1er trimestre 1988 (pp. 54-62); L'aventure parisienne, n° 18, 2ème trimestre 1988 (pp. 56-64).
Pierre Enckell, Edmond Charlot, la mémoire de la France libre, dans « L'Evénement du jeudi », 6-12 août 1992.
Marion Van Renterghem, Edmond Charlot, éditeur du monde libre, dans Le Monde, Paris, 28 février 1997.

Entretiens radiophoniques [modifier]
Edmond Charlot : la passion d'éditer, 5 entretiens de 20 minutes réalisés en novembre 1985 par Paule Chavasse et diffusés par France Culture en févier-mars 1986.

Ouvrages généraux [modifier]
Max-Pol Fouchet, Un jour, je m'en souviens : mémoire parlée, Mercure de France, Paris, 1968.
Herbert R. Lottman, Albert Camus, Editions du Seuil, Paris, 1978.
Lucien Adès, L'Aventure algérienne, 1940-1944, Belfond, Paris, 1979 [Le chapitre X est consacré à « L'intelligentsia à Alger »].
Albert Camus - Jean Grenier, Correspondance (1932-1960), Gallimard, Paris, 1981.
Paris et le phénomène des capitales littéraires, Presses de l'Université de Paris - Sorbonne, 1986 [Un chapitre rédigé par Jean Dejeux est consacré à « Alger capitale littéraire de 1940 à 1945 »].
Jules Roy, Mémoires barbares, Albin Michel, Paris, 1989 [L'auteur y évoque « la bande à Charlot » d'Alger à Paris].

Lien externe [modifier]
Photographie d'Edmond Charlot en 1992 http://www.melaniegribinski.com/portraits/editeurs/Edmond_Charlot.html
Récupérée de « http://fr.wikipedia.org/wiki/Edmond_Charlot »
Catégories: Éditeur • Éditeur français • Naissance en 1915 • Décès en 2004
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mercredi 17 janvier 2007 05:56

ENTRETIEN Bernard Pivot, Jules Roy

ENTRETIEN Bernard Pivot, Jules Roy
ENTRETIEN Bernard Pivot, Jules Roy (DVD)
[3260050-635585]
DVD/Zone 2 - Format 4 : 3 - Couleur - PAL

Durée totale : 1 h 11 mn sous couv. ill., 135 x 185 mm.

le même ouvrage . DVD/Multizones - Format 4 : 3 - Couleur - PAL

Durée totale : 1 h 11 mn sous couv. ill., 135 x 185 mm.

Résumé

En 1989, à l'âge de 82 ans, Jules Roy vient de publier ses mémoires sous le titre Mémoires barbares aux Éditions Albin Michel.

À cette occasion, il reçoit Bernard Pivot dans sa maison de Vézelay, et retrace pour lui les grandes lignes de sa vie. Vie dont le maître mot aura sans doute été la quête de la vérité. Jules Roy évoque son enfance en Algérie, ses études au séminaire puis à l'école d'officiers de Saint-Maixent, son itinéraire politique, ses rapports avec l'armée qu'il quitte pour se consacrer à l'écriture en 1953, dégoûté par les massacres du Tonkin. Il parle de l'amour des femmes, de ses modèles et de ses rencontres importantes : Kessel, Saint-Exupéry, Camus, Malraux, de Gaulle, Montherlant, Léautaud, Jouhandeau, Nimier...
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 16 janvier 2007 07:43

Modifié le mercredi 25 juillet 2007 08:25

ROY, Jules.

Interrogation de la banque de données Limag le dimanche 18 juin 2000
1942
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Trois Prières pour des pilotes.
CLOT, rené-Jean. (Portrait).
Poésie.
Alger, Charlot,
32 p.
Chants et prières pour des pilotes.
Poésie.
Alger, Charlot,
Rééd. à Paris en 1946, dans la coll. Ciel et Terre, avec préface de Jean Amrouche.
Ciel et terre.
GUIBERT, Armand. (Préf.).
Poésie.
Alger, Charlot,
180 p.
1943
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Trois Prières pour des pilotes: Three Prayers for Pilots.
ELLIDGE, George. (Trad.).
Anglais.
Alger, Charlot,
1944
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 1
1946
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
La Vallée heureuse.
JOUVE, Pierre-Jean. (Préf.).
Roman.
Alger, Charlot,
292 p.
Coll. Ciel et Terre.
Comme un mauvais ange.
Alger, Charlot,
108 p.
1947
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Les Flammes de l'été.
Roman.
Paris, Gallimard, Julliard,
1956
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
La Guerre d'Algérie.
Essai.
Paris, Julliard,
253 p.
1961
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Tunisie. De Carthage à demain.
ROY, Claude.
Essai.
Paris, Delpire,
164 p.
SEBAG, Paul. Pays: Tunisie
Les Chevaux du soleil: Chronique d'Alger.
Roman.
Paris, Grasset,
452 p.
(Les Chevaux du Soleil, tome 1.).
1967
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 2
1968
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Les Chevaux du soleil: Une femme au nom d'étoile.
Roman.
Paris, Grasset,
Une Femme au nom d'étoile.
Roman.
Paris, Grasset,
460 p.
(Les Chevaux du Soleil, tome 2).
Les Chevaux du Soleil: Les Cerises d'Icheridène.
Roman.
Paris, Grasset,
400 p.
(Les Chevaux du Soleil, tome 3).
1969
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
L'Opéra fabuleux.
ROY, Jules. (Préf.).
Paris, Julliard,
312 p.
1970
AUDISIO, Gabriel. Pays: Algérie Minorité: Française
Les Chevaux du soleil. Le Maître de la Mitidja.
Paris, Grasset,
390 p.
Les Chevaux du Soleil: Le Maître de la Mitidja.
Paris, Grasset,
(Les Chevaux du Soleil, tome 4).
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
J'accuse le général Massu.
Pamphlet.
Paris, Le Seuil,
120 p.
1972
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 3
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Les Chevaux du Soleil: Les Ames interdites.
Roman.
Paris, Grasset,
525 p.
(Les Chevaux du Soleil, tome 5).
Le Tonnerre et les anges.
Paris, Grasset,
431 p.
(Les Chevaux du soleil, tome 6).
Les Chevaux du Soleil: Le Tonnerre des Anges.
Roman.
Paris, Grasset,
430 p.
1975
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Danse du ventre au-dessus des canons.
ISBN 2080608843 Récit.
Paris, Flammarion,
176 p.
Pour John Ford.
ISBN 2204010634
Paris, Ed. du Cerf,
1976
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Le Désert de Retz.
ISBN 2246005566
Paris, Grasset,
1978
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 4
1979
RENAUDOT, Françoise.
L'Histoire des Français en Algérie. 1830-1962.
ROY, Jules. (Préface).
ISBN 222150075X Essai.ISBN 222150075X Essai.
Paris, Robert Laffont,
315 p.
Pour un Chien.
ISBN 2246007550
Paris, Grasset,
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Les Chevaux du soleil. (Réédition).
Paris, Grasset,
922 p.
(Réédition des six romans rassemblés sous ce titre).
1980
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
A propos d'Alger, de Camus et du hasard.
Essai.
Pézenas, Le Haut Quartier, (Charlot),
75 p.
Coll. Méditerranée vivante.
Etranger pour mes frêres.
ISBN 2234012759
Paris, Stock,
206 p.
La Saison des Za.
ISBN 2246234719 Roman.
Paris, Grasset,
1982
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 5
1984
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Beyrouth, viva la muerte.
ISBN 2246342112
Paris, Grasset,
Prière à Mademoiselle Sinte Madeleine.
Pézénas, Le Haut Quartier (Charlot),
56 p.
Une Affaire d'honneur.
Roman.
Paris, Plon,
D'une amitié. Correspondance Jean Amrouche-Jules Roy, 1937-1962.
ROY, Jules. FAIGRE, M. (Pr.).
Correspondance.
Aix-La Calade : Edisud,
117 p.
1985
AMROUCHE, Jean. Pays: Algérie Minorité: Berbère.
Correspondance avec Jean Amrouche 1937-1962. D'une amitié.
AMROUCHE, Jean.
Correspondance
Aix en Pce, Edisud,
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Guinemer, l'Ange de la mort.
ISBN 2-2260-23315-1 Biographie.
Paris, Albin Michel,
360 p.
1986
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
L'Ami lointain.
ISBN 2-07-070873-X Roman.
Paris, Gallimard,
184 p.
1987
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 6
1988
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Chant d'amour pour Marseille.
ISBN 2-8627-6146-X Essai.
Marseille, Jeanne Laffitte,
32 p.
Les Fleurs du temps.
ISBN 2-07-071299-0 Roman.
Paris, Gallimard, Julliard,
360 p.
La Bataille de Dien Bien Phu.
ISBN 2-2260-3720-9 Histoire.
Paris, Albin Michel,
396 p.
La Vallée heureuse. (Réédition).
ISBN 2-2260-3746-2 Roman.
Paris, Albin Michel,
240 p.
1° éd. Alger, Charlot, 1946.
Mémoires barbares.
ISBN 2226035311 Mémoires.
Paris, Albin Michel,
185 p.
1989
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Vezelay, ou l'amour fou.
SBN 2226039198
Paris, Albin Michel,
1990
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 7
1991
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
La Mort de Mao.
ISBN 2-2260-3753-5 Récit.
Paris, Albin Michel,
112 p.
Mémoires barbares. (Réédition).
ISBN 2253055344 Mémoires.
Paris, LGF,
Le Livre de poche.
Les Fils du Sud.
ROY, Jules (Préface).
ISBN 2-203-33847-4 Bande dessinée.
Tournai, Casterman,
80 p.
1992
FERRANDEZ, Jacques. Pays: Algérie Minorité: Française
Rostropovitch, Gainsbourg et Dieu.
ISBN 222605653X Essai.
Paris, Albin Michel,
192 p.
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Amours barbares.
ISBN 2-226-06271-8 Roman.
Paris, Albin Michel,
320 p.
Réed. 1996, Le Livre de Poche 13936.
Cyclone 2.
ISSN 0045-1169 Théâtre.
Paris, L'Avant-Scène,
71 p.
L'Avant-Scène-Théâtre, n° 940.
Flammes de l'été.
ISBN 2226066403 Roman.
Paris, Albin Michel,
1993
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 8
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Mémoires barbares. (Réédition).
ISBN 2-226-03531-1 Mémoires.
Paris, Albin Michel,
564 p.
L'échec de l'Islam politique.
ISBN 2-02-014153-1 Essai.
Paris, Le Seuil,
250 p.
Coll. Esprit.
ROY, Olivier.
La Guerre d'Algérie. (Réédition).
ISBN 2267012448 Essai.
Paris, Christian Bourgois,
190 p.
1994
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Edmond Charlot, éditeur.
ROY, Jules. (Préface).
ISBN 2-910457-06-0 Bio-bibliographie.
Pézénas, Domens,
100 p.
1995
PUCHE, Michel. Pays: France
Après-guerre amoureux.
ISBN 2226076611 Roman.
Paris, Albin Michel,
Grand Naufrage.
ISBN 2226078096
Paris, Albin Michel,
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 9
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Le grand Naufrage. Chronique du procès Pétain. (Réédition).
Paris, Albin Michel,
395 p?
1° édition 1966.
Les Chevaux du soleil. (La Saga de l'Algérie de 1830 à 1962). (Réédition).
DUGAS, Guy. (Postface).
ISBN 2-258-04076-0
Paris, Omnibus,
Mort au Champ d'honneur.
ISBN 2-226-08174-7 Théâtre.
Paris, Albin Michel,
176 p.
Un Après-Guerre amoureux.
ISBN 2-226-07661470 Mémoires.
Paris, Albin Michel,
178 p.
Vezelay. Guide sentimental.
ISBN 2-9509-2040-3 Album.
Paris, L'Or des étoiles,
40 p.
Généalogie de l'Islamisme.
ISBN 2-01-235160-3 Essai.
Paris, Hachette,
140 p.
Coll. Questions de Société.
ROY, Olivier.
Page 10
1996
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Adieu ma mère, adieu mon coeur.
ISBN 2-226-08601-3 Récit autobiographique
Paris, Albin Michel,
204 p.
Amours barbares. (Réédition).
ISBN 2-253-13936-X Roman.
Paris, LGF Le Livre de Poche,
313 p.
Le Livre de Poche n° 13936. 1° éd. Albin Michel 1993.
D'une Amitié. Correspondance avec Jean Amrouche 1937-1962. (Réédition).
AMROUCHE, Jean.
ISBN 2857442203 Correspondance
Aix en Pce, Edisud,
1° éd. 1985.
Adieu ma mère, adieu mon coeur. (Réédition).
ISBN 2-253-14471-1 Récit autobiographique
Paris, LGF,
185 p.
Coll. Le Livre de Poche, n° 14471. 1° éd. 1996.
1998
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 11
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Les Années de déchirement. Journal, 1925-1965.
ISBN 2226096167 Mémoires.
Paris, Albin Michel,
430 p.
Les Années singulières.
Mémoires.
Paris, Albin Michel,
Les Chevaux du soleil. (Réédition).
ISBN 2258040760
Paris, Presses de la Cité,
1041 p.
(Réédition des six romans rassemblés sous ce titre).
Les Années cavalières. Journal, t. 2, 1966-1985.
ISBN 2226105018 Mémoires.
Paris, Albin Michel,
360 p.
Les Années de braise. Journal. Tome 3: 1986-1996.
ISBN 2-2261-0767-3 Mémoires.
Paris, Albin Michel,
1999
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Page 12
ROY, Jules. Pays: Algérie Minorité: Française
Saint-Exupéry.
ISBN 2804602583 Essai.
Bruxelles, La Renaissance du Livre,
N.B.: Les images éventuelles ne correspondent pas nécessairement à l'édition indiquée: on n'a souvent mis
d'image qu'à la première édition des oeuvres, alors que ces images sont en général
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 16 janvier 2007 06:12

Jules Roy.

Copyright Charles Bonn & CICLIM
N.B.: Tous les livres ne sont pas d'auteurs maghrébins ou sur la littérature maghrébine. Parfois le pays de référence de l'auteur
(indépendant de sa nationalité officielle) n'est pas indiqué: dans ce cas nous demandons aux utilisateurs de nous aider à compléter ces
données.
Pour les travaux universitaires: TDE=Thèse de doctorat d'Etat. DNR=Thèse de doctorat Nouveau Régime.
AMROUCHE, Jean. Pays: Algérie Minorité: Berbère.
D'une amitié. Correspondance Jean Amrouche-Jules Roy, 1937-1962.
Aix-La Calade : Edisud, 117 p.
ROY, Jules. FAIGRE, M. (Pr.).
Correspondance. 1985,
Fiction narrative et autobiographie dans l'oeuvre d'Albert Camus et de Jules Roy.
DNR. Marne la Vallée, Jean-Yves GUERIN, 1999
Inscr. 95
,
HAYAT, Jeanine.
Anthologie des Ecrivains français du Maghreb.
Paris Présence africaine, 365 p.
ROTH, A. ARNAUD, J. DEJEUX, J.
Anthologie. 1969,
MEMMI, Albert. Pays: Tunisie Minorité: Juive
Jules Roy.
Essai. Philadelphie, CELFAN Edition Monographs, 1988 52 p.Interrogation de la banque de données Limag le samedi 24 juin 2000
Références d'articles ou de textes courts
classées par périodiques ou recueils
Copyright Charles Bonn & CICLIM
Algérie Littérature / Action.
http://maghreb.
net/writers/html/algerie_literature__action.htm
ISSN 1270-9131 Mensuel.
Paris, Marsa édition, 103, Bd. Mac Donald, 75009 Paris.
1998
janvier
Numéro: 17,
Entretien sur les violences algériennes lors d'un voyage de Jules Roy pour se recueiilir sur la tombe de sa mère.
p. 111-117.
BENHEDOUGA, Abdelhamid. (Interv.).
Entretien entre Abdelhamid Benhedouga et Jules Roy, le 25 mai 1995, à Alger.
ROY, Jules.
CELFAN Review.
ISSN 0890-6998
Philadelphie, Temple University. Eric Sellin, Editor.
1987
février-mai Jules Roy.
Numéro: 6: 2-3,
p. 53-56.
Jules Roy de larmes et d'orgueil.
CLAVEL, Bernard.
p. 11-14.
Jules Roy.
DANIEL, Jean.
p. 57-60.
Deux correspondances de Jules Roy: Correspondance Jean Amrouche-Jules Roy. Correspondance Henri
Bosco-Jules Roy.
DUGAS, Guy.
p. 15-19.
Jules Roy, Albert Camus, and 'Les Chevaux du Soleil'.
O'CONNELL, David.
p. 44-49.
Jules Roy: Disenchanted airman.
OBUCHOWSKI, Chester W.
p. 20-24.
Le gardien du cercle.
PELEGRI, Jean.
p. 50-52.
Pour saluer Jules Roy.
ROBLES, Emmanuel.
CELFAN Review.
ISSN 0890-6998
Philadelphie, Temple University. Eric Sellin, Editor.
1987
février-mai Jules Roy.
Numéro: 6: 2-3,
p. 25-28.
Jules Roy: Quatre poèmes inédits ('L'Arbre et moi', 'Ma rose rose', 'Ce visage...', 'Errer à travers...').
ROY, Jules.
p. 39-44.
SAVAGE BROSMAN, C. (Interview).
Interview accordée à Catherine Savage Brosman par Jules Roy.
ROY, Jules.
p. 33-38.
Elements in the algerian rhetoric of Jules Roy.
SAVAGE BROSMAN, Catharine.
p. 245-255.
Orient de l'Occident.
SIBLOT, Paul.
COLLECTIF.
ISBN 2-85934-147-1
Lyon, L'Hermès/Université Jean Moulin-Lyon 3.
Exotisme et création. Actes du Colloque international (Lyon, 1983).
1985
p. 515-523.
Alger capitale littéraire de 1940 à 1945.
DEJEUX, Jean.
ISSN 0765-1090
Paris, Université Paris-4.
Paris et le phénomène des capitales littéraires. Actes du 1° congrès du CRLC (mai 1984).
1986
2° trimestre
Vol. 2,
p. 18-19.
Littérature pied-noire: une mémoire ensoleillée.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 16 janvier 2007 05:53

Jules ROY

Jules ROY
Jules ROY

1907-2000



(Article en cours de parution dans l'Encyclopaedia Universalis, 2000.

Copyright : Encyclopaedia Universalis, 2000)







Né en Algérie le 22 octobre 1907 d'une famille de paysans concessionnaires dans la Mitidja dès 1854, Jules Roy, déchiré de naissance par une bâtardise qui lui fut tardivement révélée, fut à l'adolescence pris entre deux vocations contradictoires - l'action et l'aventure d'une part, la contemplation d'autre part. Ce qui en fit dans un premier temps un séminariste, plus tard un militaire.

Du séminaire à la caserne, c'est le même sens de la hiérarchie et de la rigueur morale, une certaine idée de l'ordre qui le retiennent. Ses premières amitiés littéraires et ses engagements politiques sont alors de droite. Très marqué par la déroute de 1940 et le sabordage de l'escadre française à Mers el Kébir, il passe avec son escadrille en Afrique du Nord, et publie à Alger La France sauvée par Pétain puis un premier recueil de poèmes (Trois prières pour des pilotes, 1941) et Ciel et Terre (1943), un récit qu'il définit comme sa propre histoire, « celle d'un homme déchiré entre le ciel et la terre ».

Après le débarquement des Alliés en Afrique du Nord, nouveau cas de conscience. Jules Roy change de camp et part pour la Grande Bretagne s'engager dans la R.A.F. Quelques mois plus tard, le voilà, surmontant sa peur, contraint de bombarder la Ruhr, en dépit de son âme de poète et de sa foi ardente d'ancien séminariste. De cette expérience naîtra La Vallée heureuse (1946), qui obtiendra le prix Renaudot, lequel consacrera un écrivain qui, pour l'heure, se fait une spécialité d'écrire sur la guerre et le sang (Retour de l'enfer, 1953), de témoigner du Métier des armes (1948). Fidélité, courage, devoir, honneur... tels sont encore, sous le signe du sang, les thèmes exclusifs d'une œuvre en gestation dont on a pu dire qu'elle était « une œuvre de soldat entièrement écrite par un esprit démobilisé.»

En permettant la rencontre avec Albert Camus et la première génération des écrivains maghrébins, la notoriété naissante projette Jules Roy dans un autre univers : la religion de la justice, qui, parfois contre la mère elle-même, contraint à l'engagement. Le 8 mai 1945, alors qu'à Paris « tout un peuple qui a le ventre vide (ou presque), [...] chant[e] l'éternel Chant du départ ou La Marseillaise et, la tête dans les mains, regard[e] Paris sous les lumières », dans l'est algérien, « les indigènes, las de tant d'injustices à leur égard, attaqu[ent] des fermes et des villages [...] en brandissant le mot Freedom qui a remplacé chez eux celui de Liberté». Les guerres de décolonisation qui éclatent seront pour Jules Roy source de nouveaux déchirements : celle d'Indochine confrontera l'officier longtemps indécis à une « belle croisade » contre le communisme ; en juin 1953, il rompt avec l'armée, qu'il juge déshonorée par la guerre d'Indochine et dont il désapprouve les méthodes. Il embrasse alors la carrière littéraire et s'essaie au roman (La Femme infidèle, 1955) et au théâtre (Beau Sang, 1952. Les Cyclones, 1953). Une œuvre qui ne tardera pas à être consacrée par le grand prix littéraire de Monaco (1957), le grand prix de littérature de l'Académie française (1958), puis le grand prix national des Lettres (1969).

Mais c'est l'Algérie, avec laquelle il est loin d'avoir rompu tous les liens, qui va l'acculer aux déchirements les plus dramatiques. Depuis 1954 s'y déroule un conflit de plus en plus compliqué, qui ne veut pas dire son nom et prendra bientôt des allures de guerre civile. Après la mort de son ami Camus, en qui les intellectuels engagés avaient placé tous leurs espoirs, Jules Roy entend dénoncer devant l'opinion française les misères subies par les populations et les monstruosités commises par les armées en présence. Il parcourt le pays, d'où il revient avec La Guerre d'Algérie (1960), «long cri déchirant » qu'il lance à la face des militaires et des politiques, et qui bouleverse la France. Aussitôt après, écartelé par sa condition de pied-noir devenu Etranger pour es frères (1982), il se jette dans une fiction en six volumes, Les Chevaux du soleil (1967-1972), histoire de sa famille et réhabilitation de la geste française en Algérie, sans rien perdre pour autant de sa verve pamphlétaire (J'accuse le général Massu,1972).

Ecrite à Vézelay, d'où il n'a cessé de se rapprocher avant de s'y installer et d'y décéder le 15 juin 2000, l'ultime partie de son œuvre est plus marquée de méditation (Vézelay ou l'amour fou, 1990. Rostropovitch, Gainsbourg et Dieu, 1991) et d'introspection (Mémoires barbares, 1989 ; Adieu ma mère, adieu mon cœur, 1996, et Journal I, II et III, 1997-1999), sans jamais atteindre pour autant à la sérénité.

On décrit souvent Jules Roy comme orgueilleux et altier, dur et parfois méprisant ; dans une notule biographique datant des années 70, il se dépeint lui-même comme « coléreux, solitaire, inquiet, maladroit et brutal, incapable de farder la vérité ». Il était en réalité déchiré de naissance et de formation, irrémédiablement complexé par sa bâtardise, et finalement incapable de dépasser ce traumatisme.







Guy DUGAS











Biblio :

Paul Guth : “Jules Roy”, Revue de Paris, septembre 1946.

Biblio, avril 1956.

Robert Kanters : Des écrivains et des hommes (Julliard, 1952) et L'air des Lettres (Grasset, 1973)

Albert Memmi :Ecrivains francophones du Maghreb (Seghers, 1985)

Catharine Savage Brosman : Jules Roy (Philadelphie, CELFAN edition monographs, 1988)

Jeannine Hayat : Jules Roy, ombre et présence d'Albert Camus (Minard, coll. A.L.M. n° 278, 2000)





Copyright: Encyclopaedia Universalis, 2000
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]

# Posté le mardi 16 janvier 2007 05:43