El Watan Edition du 7 février 2007 > Actualite
Le commandant Azzedine dément les propos de Khalifa sur Bouteflika
La sortie médiatique de Abdelmoumen Khalifa le 2 février sur la chaîne Al Jazeera a étonné plus d'un.
Historiens et anciens maquisards se disent « surpris » par les propos de l'ex-golden boy algérien et trouvent ses déclarations, remettant en cause le passé du moudjahid Abdelaziz Bouteflika, « insensées » et illustrent de « sa méconnaissance totale de l'histoire de son pays ». C'est l'avis même du commandant Azzedine qui, malgré son appartenance au « camp de l'opposition », se dit ne pas accepter qu'on nie le parcours révolutionnaire du moudjahid président Bouteflika. « Honnêtement, ce qu'a dit Abdelmoumen est infondé et n'a rien de vrai. Son père, Khalifa Laroussi, a servi sous les ordres de Boussouf à Tunis. Ayant été déjà sous-préfet français et ayant fait preuve de compétence, Boussouf lui confiait les affaires techniques. Il n'était ni au FLN ni à l'ALN. Il n'avait aucune relation ni de près ni de loin avec Abdelaziz Bouteflika qui agissait sous la coupe de Boumediène à Oujda (Maroc) », témoigne-t-il, attestant que Bouteflika avait bien participé à la guerre de Libération nationale. Selon lui, ce dernier n'a jamais été arrêté au Maroc ni condamné à mort pour qu'il soit « sauvé par Khalifa Laroussi ». « Je pense que Abdelmoumen a fait la confusion avec Belaïd Abdesslam qui, effectivement, a été condamné en 1958 », explique-t-il, affirmant que Abdelaziz Bouteflika n'était nullement cité dans cette affaire. « Bouteflika a été envoyé au début de 1961 au Mali, accompagné de Messaâdia et Belhouchet », note-t-il. Le commandant Azzedine tient à préciser avoir apporté ces « précisions » uniquement par « souci de vérité historique et non pas pour faire la brosse » au président Bouteflika où lui « faire preuve d'allégeance ». Selon Le FLN, livre d'histoire cosigné par Mohamed Harbi et Gilbert Meynier, Khalifa Laroussi avait été chef de cabinet de Boussouf. Il était aussi considéré comme l'inspirateur de la police politique du FLN. « En 1961, Laroussi Khalifa trahit Boussouf pour rejoindre Boumediène. Il signa, début 1962, un chèque d'un milliard de francs sur le compte du GPRA pour être versé à l'état-major de Boumediène à un moment où se fourbissaient, dans ce segment militaire dominant, les moyens de prise du pouvoir... », est-il écrit dans la page 275 de ce livre. Mais rien n'indique que le père de Abdelmoumen Khalifa était un communiste comme l'a affirmé son fils. Abdelmoumen Khalifa avait déclaré sur la chaîne Al Jazeera que l'effondrement de son groupe éponyme est dû à un conflit personnel entre sa famille et le président Bouteflika. « Bouteflika était jeune, il était au Maroc. Mon père tenait les services. Bouteflika et Belaïd Abdesslam avaient tenté de s'enfuir en 1958. Les services marocains les ont rattrapés. Ils ont été condamnés à mort. Boumediène a pris attache avec mon père qui est intervenu auprès de Boussouf pour ne pas les exécuter. » a-t-il déclaré. Les observateurs ont estimé que Abdelmoumen Khalifa a tenté, au cours de ce passage sur le plateau d'Al Jazeera, de faire diversion au procès retentissant qui se tient actuellement au tribunal criminel de Blida en tantant de « politiser l'affaire » et démonter l'argument d'une escroquerie de grande ampleur. Force est de reconnaître que ce scénario de diversion n'a pas tenu la route auprès de l'opinion publique...
M. A. O.
El Watan Edition du 19 février 2007 > Actualite
Belaïd Abdesselam nous écrit
Dans son édition datée du 7 février 2007, le quotidien El Watan publie une déclaration du commandant Azzeddine, dans laquelle ce dernier affirme qu'en 1958, j'avais fait l'objet d'une condamnation à mort de la part du FLN, sans préciser ni par quelle autorité cette condamnation aurait été prononcée ni le ou les motifs qui en auraient constitué la justification. Une fois de plus, ressurgit, par la voix d'un ancien responsable du FLN, la fameuse allégation sur ma prétendue « désertion » suivie de ma condamnation à mort au sein de l'organisation FLN relevant du commandement général de la wilaya d'Oran, CGWO (Wilaya V) au Maroc. Je rappelle que j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer à ce sujet à deux reprises : la première fois à travers le livre intitulé Le hasard et l'histoire que j'ai rédigé sous la forme d'entretiens avec le regretté Mahfoud Benoune et le sociologue bien connu Ali El Kenz (voir pages 139 à 146 du tome I de ce livre) la deuxième fois, dans le quotidien L'Authentique daté du 17 octobre 2001. En fait, de quoi s'agit-t-il ? Le 1er mai 1958, me révoltant contre le comportement, à mon égard, de Laroussi Khelifa, incrusté dans les structures de la Wilaya V au Maroc, après avoir été l'agent et le protégé du sénateur Cavallet et du ministre Bernard Lafay en France, j'avais décidé de quitter, bien entendu sans autorisation, la villa qui nous servait de camp à Oujda, dans l'espoir de rejoindre Rabat où je pensais retrouver des membres du CCE que je connaissais : Ramdane Abane et Abdelhamid Mehri. J'imaginais leur présence dans la capitale marocaine, après la tenue de la conférence maghrébine qui venait d'avoir lieu à Tanger. J'ignorais, évidemment, le sort réservé au frère Ramdane Abane près de six mois auparavant. Ayant rencontré, dans les rues de la ville d'Oujda, l'homme qui nous servait d'agent de liaison avec le commandement général de la wilaya d'Oran (CGWO) assumé alors par le colonel Boumediène et, en raison de mon refus de le suivre pour me rendre auprès de ce dernier, je fus arrêté par la police marocaine. Je passais, ainsi, le reste de la journée du 1er mai dans une prison marocaine. Au début de la nuit, je fus remis à l'organisation de la wilaya, vers minuit, le colonel Boumediène vint me trouver dans la nouvelle villa où je fus conduit, après ma « récupération » de la part des autorités marocaines. D'emblée, le colonel Boumediène tint à m'assurer, sur son honneur d'officier de l'ALN, qu'il ne m'arrivera rien et que, dès que j'aurais fourni les explications nécessaires sur mon acte d'indiscipline, je pourrais aller où bon me semble. De fait, moins d'un mois après ma sortie du camp d'Oujda, j'avais été désigné comme représentant du FLN à Tanger, avant d'être appelé en juillet 1958, soit trois mois à peine plus tard, auprès du CCE au Caire, par Abdelhamid Mehri, pour m'occuper des questions relatives aux étudiants. Par ailleurs, pendant mon séjour dans la villa où je fus placé, après ma récupération de la prison marocaine, j'avais reçu la visite de certains responsables de la Wilaya V venus tous s'enquérir de ma santé et de ma situation. Ce fut ainsi que je fis la connaissance du frère Ahmed Kaïd, plus connu sous le nom de commandant Slimane. En outre, l'élément de l'ALN, sous la garde duquel je pensais avoir été placé et que j'avais présenté dans l'un de mes écrits comme ayant été mon « geôlier », me précisa, des années plus tard, qu'à aucun moment, il n'avait été avisé qu'il assumait un tel rôle auprès de moi et que, durant toute la période que nous avions passée ensemble, les responsables du commandement de la wilaya ne cessaient de lui recommander de me réserver les égards les plus attentionnés. Tel a été le sort du « condamné à mort » que j'aurais été en 1958, selon les propos de monsieur Azzeddine. Certes, je n'ignorais aucunement que, par mon geste, je prenais un risque certain par rapport aux règles de discipline imposées par le CGWO (Commandement général de la wilaya d'Oran). Mais, en tout état de cause, si, pour m'être « rebellé » contre Laroussi Khelifa, j'avais, peut-être, encouru une condamnation à mort, je m'en réjouis très volontiers et je me crois même fondé à revendiquer cet acte avec fierté. Cet individu, qui avait réussi, comme tant d'autres de ses émules, à s'incruster dans les structures du FLN en guerre, était un parfait imposteur. L'incident qui m'a opposé à lui n'a été, en définitive, qu'une anticipation sur d'autres actes de sa part mettant en évidence sa véritable nature, celle d'un personnage sans scrupules, animé par le désir de parvenir à tromper ceux qui lui font confiance. Il n'hésita pas, notamment, à arguer de diplômes universitaires qu'il ne possédait pas, afin de se prévaloir auprès des responsables du FLN. L'arnaque, que son rejeton a perpétrée au détriment de l'Algérie et qui fait l'objet du procès se déroulant actuellement devant le tribunal de Blida, se situe bien dans la continuité des agissements malfaisants accomplis par celui qui se faisait passer pour le maître-espion du FLN et qui, faut-il vraiment le rappeler, n'est autre que le père du fondateur escroc de l'éphémère et calamiteuse « El Khalifa Bank ».
Alger le 17 février 2007
Le commandant Azzedine dément les propos de Khalifa sur Bouteflika
La sortie médiatique de Abdelmoumen Khalifa le 2 février sur la chaîne Al Jazeera a étonné plus d'un.
Historiens et anciens maquisards se disent « surpris » par les propos de l'ex-golden boy algérien et trouvent ses déclarations, remettant en cause le passé du moudjahid Abdelaziz Bouteflika, « insensées » et illustrent de « sa méconnaissance totale de l'histoire de son pays ». C'est l'avis même du commandant Azzedine qui, malgré son appartenance au « camp de l'opposition », se dit ne pas accepter qu'on nie le parcours révolutionnaire du moudjahid président Bouteflika. « Honnêtement, ce qu'a dit Abdelmoumen est infondé et n'a rien de vrai. Son père, Khalifa Laroussi, a servi sous les ordres de Boussouf à Tunis. Ayant été déjà sous-préfet français et ayant fait preuve de compétence, Boussouf lui confiait les affaires techniques. Il n'était ni au FLN ni à l'ALN. Il n'avait aucune relation ni de près ni de loin avec Abdelaziz Bouteflika qui agissait sous la coupe de Boumediène à Oujda (Maroc) », témoigne-t-il, attestant que Bouteflika avait bien participé à la guerre de Libération nationale. Selon lui, ce dernier n'a jamais été arrêté au Maroc ni condamné à mort pour qu'il soit « sauvé par Khalifa Laroussi ». « Je pense que Abdelmoumen a fait la confusion avec Belaïd Abdesslam qui, effectivement, a été condamné en 1958 », explique-t-il, affirmant que Abdelaziz Bouteflika n'était nullement cité dans cette affaire. « Bouteflika a été envoyé au début de 1961 au Mali, accompagné de Messaâdia et Belhouchet », note-t-il. Le commandant Azzedine tient à préciser avoir apporté ces « précisions » uniquement par « souci de vérité historique et non pas pour faire la brosse » au président Bouteflika où lui « faire preuve d'allégeance ». Selon Le FLN, livre d'histoire cosigné par Mohamed Harbi et Gilbert Meynier, Khalifa Laroussi avait été chef de cabinet de Boussouf. Il était aussi considéré comme l'inspirateur de la police politique du FLN. « En 1961, Laroussi Khalifa trahit Boussouf pour rejoindre Boumediène. Il signa, début 1962, un chèque d'un milliard de francs sur le compte du GPRA pour être versé à l'état-major de Boumediène à un moment où se fourbissaient, dans ce segment militaire dominant, les moyens de prise du pouvoir... », est-il écrit dans la page 275 de ce livre. Mais rien n'indique que le père de Abdelmoumen Khalifa était un communiste comme l'a affirmé son fils. Abdelmoumen Khalifa avait déclaré sur la chaîne Al Jazeera que l'effondrement de son groupe éponyme est dû à un conflit personnel entre sa famille et le président Bouteflika. « Bouteflika était jeune, il était au Maroc. Mon père tenait les services. Bouteflika et Belaïd Abdesslam avaient tenté de s'enfuir en 1958. Les services marocains les ont rattrapés. Ils ont été condamnés à mort. Boumediène a pris attache avec mon père qui est intervenu auprès de Boussouf pour ne pas les exécuter. » a-t-il déclaré. Les observateurs ont estimé que Abdelmoumen Khalifa a tenté, au cours de ce passage sur le plateau d'Al Jazeera, de faire diversion au procès retentissant qui se tient actuellement au tribunal criminel de Blida en tantant de « politiser l'affaire » et démonter l'argument d'une escroquerie de grande ampleur. Force est de reconnaître que ce scénario de diversion n'a pas tenu la route auprès de l'opinion publique...
M. A. O.
El Watan Edition du 19 février 2007 > Actualite
Belaïd Abdesselam nous écrit
Dans son édition datée du 7 février 2007, le quotidien El Watan publie une déclaration du commandant Azzeddine, dans laquelle ce dernier affirme qu'en 1958, j'avais fait l'objet d'une condamnation à mort de la part du FLN, sans préciser ni par quelle autorité cette condamnation aurait été prononcée ni le ou les motifs qui en auraient constitué la justification. Une fois de plus, ressurgit, par la voix d'un ancien responsable du FLN, la fameuse allégation sur ma prétendue « désertion » suivie de ma condamnation à mort au sein de l'organisation FLN relevant du commandement général de la wilaya d'Oran, CGWO (Wilaya V) au Maroc. Je rappelle que j'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer à ce sujet à deux reprises : la première fois à travers le livre intitulé Le hasard et l'histoire que j'ai rédigé sous la forme d'entretiens avec le regretté Mahfoud Benoune et le sociologue bien connu Ali El Kenz (voir pages 139 à 146 du tome I de ce livre) la deuxième fois, dans le quotidien L'Authentique daté du 17 octobre 2001. En fait, de quoi s'agit-t-il ? Le 1er mai 1958, me révoltant contre le comportement, à mon égard, de Laroussi Khelifa, incrusté dans les structures de la Wilaya V au Maroc, après avoir été l'agent et le protégé du sénateur Cavallet et du ministre Bernard Lafay en France, j'avais décidé de quitter, bien entendu sans autorisation, la villa qui nous servait de camp à Oujda, dans l'espoir de rejoindre Rabat où je pensais retrouver des membres du CCE que je connaissais : Ramdane Abane et Abdelhamid Mehri. J'imaginais leur présence dans la capitale marocaine, après la tenue de la conférence maghrébine qui venait d'avoir lieu à Tanger. J'ignorais, évidemment, le sort réservé au frère Ramdane Abane près de six mois auparavant. Ayant rencontré, dans les rues de la ville d'Oujda, l'homme qui nous servait d'agent de liaison avec le commandement général de la wilaya d'Oran (CGWO) assumé alors par le colonel Boumediène et, en raison de mon refus de le suivre pour me rendre auprès de ce dernier, je fus arrêté par la police marocaine. Je passais, ainsi, le reste de la journée du 1er mai dans une prison marocaine. Au début de la nuit, je fus remis à l'organisation de la wilaya, vers minuit, le colonel Boumediène vint me trouver dans la nouvelle villa où je fus conduit, après ma « récupération » de la part des autorités marocaines. D'emblée, le colonel Boumediène tint à m'assurer, sur son honneur d'officier de l'ALN, qu'il ne m'arrivera rien et que, dès que j'aurais fourni les explications nécessaires sur mon acte d'indiscipline, je pourrais aller où bon me semble. De fait, moins d'un mois après ma sortie du camp d'Oujda, j'avais été désigné comme représentant du FLN à Tanger, avant d'être appelé en juillet 1958, soit trois mois à peine plus tard, auprès du CCE au Caire, par Abdelhamid Mehri, pour m'occuper des questions relatives aux étudiants. Par ailleurs, pendant mon séjour dans la villa où je fus placé, après ma récupération de la prison marocaine, j'avais reçu la visite de certains responsables de la Wilaya V venus tous s'enquérir de ma santé et de ma situation. Ce fut ainsi que je fis la connaissance du frère Ahmed Kaïd, plus connu sous le nom de commandant Slimane. En outre, l'élément de l'ALN, sous la garde duquel je pensais avoir été placé et que j'avais présenté dans l'un de mes écrits comme ayant été mon « geôlier », me précisa, des années plus tard, qu'à aucun moment, il n'avait été avisé qu'il assumait un tel rôle auprès de moi et que, durant toute la période que nous avions passée ensemble, les responsables du commandement de la wilaya ne cessaient de lui recommander de me réserver les égards les plus attentionnés. Tel a été le sort du « condamné à mort » que j'aurais été en 1958, selon les propos de monsieur Azzeddine. Certes, je n'ignorais aucunement que, par mon geste, je prenais un risque certain par rapport aux règles de discipline imposées par le CGWO (Commandement général de la wilaya d'Oran). Mais, en tout état de cause, si, pour m'être « rebellé » contre Laroussi Khelifa, j'avais, peut-être, encouru une condamnation à mort, je m'en réjouis très volontiers et je me crois même fondé à revendiquer cet acte avec fierté. Cet individu, qui avait réussi, comme tant d'autres de ses émules, à s'incruster dans les structures du FLN en guerre, était un parfait imposteur. L'incident qui m'a opposé à lui n'a été, en définitive, qu'une anticipation sur d'autres actes de sa part mettant en évidence sa véritable nature, celle d'un personnage sans scrupules, animé par le désir de parvenir à tromper ceux qui lui font confiance. Il n'hésita pas, notamment, à arguer de diplômes universitaires qu'il ne possédait pas, afin de se prévaloir auprès des responsables du FLN. L'arnaque, que son rejeton a perpétrée au détriment de l'Algérie et qui fait l'objet du procès se déroulant actuellement devant le tribunal de Blida, se situe bien dans la continuité des agissements malfaisants accomplis par celui qui se faisait passer pour le maître-espion du FLN et qui, faut-il vraiment le rappeler, n'est autre que le père du fondateur escroc de l'éphémère et calamiteuse « El Khalifa Bank ».
Alger le 17 février 2007