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L'étrange affaire Khalifa

Auditionnée hier par le tribunal, elle déclare avoir été envoyée par Khalida Toumi

Bensouda Samira, directrice de l'antenne KTV «en mission spéciale, mandatée par l'Etat»

La Tribune Dimanche 18 février 2007

Par Hasna Yacoub

Bensouda Samira, l'ex-chargée de la presse écrite au niveau du ministère de la Culture et de la Communication, au moment où Khalida Toumi était à la tête de ce ministère, a été auditionnée hier par le tribunal criminel près la cour de Blida dans l'affaire de la caisse principale d'El Khalifa Bank. Inculpée d'abus de pouvoir pour avoir gardé un véhicule de Khalifa TV, elle fera beaucoup de révélations tout en se refusant à donner tous les noms : «J'étais en mission spéciale à KTV à la demande de la ministre. Il faut revenir au contexte de l'époque, c'était à la veille des élections présidentielles», dit Mme Bensouda qui affirme ne pas pouvoir témoigner sans lier l'affaire à la politique : «Je suis commis de l'Etat depuis l'âge de 27 ans et je n'ai jamais été intéressée de travailler chez le privé. J'étais mandatée par le ministère, ce n'était pas une initiative personnelle mais celle de l'Etat.» Elle répétera tout au long de son audition qu'elle ne pouvait pas expliquer certaines choses parce qu'elle allait faire la une des journaux et tentera de plonger le tribunal dans un scénario à la James Bond : «J'étais en mission spéciale», mes responsables hiérarchiques avaient demandé» ou encore «une personne dont je tairais le nom a voulu récupérer le matériel de KTV qui coûtait des milliards et j'ai dû m'opposer». Mme Bensouda commencera par dire que Mme Djazerli, la tente de Abdelmoumene Khalifa qui était à la tête de KTV, s'était présentée avec deux autres personnes chez l'ex-ministre de la Culture et de la Communication, Mme Toumi, pour demander une accréditation à l'antenne de KTV d'Alger. «La ministre m'a demandé de les recevoir. Ce que j'ai fait. Nous avons discuté et Mme Djazerli m'a invitée à aller visiter le siège de KTV en France. Après cette rencontre, j'ai rendu compte à Mme Toumi qui m'a autorisée à y aller. La ministre avait alors signé l'accréditation de l'antenne de KTV à Alger.» Deux jours après son retour de France de Bensouda, comme elle le raconte, elle a établi un procès-verbal pour rendre compte à la ministre de ce qu'elle avait vu. Mme Djazerli a appelé Mme Bensouda pour lui dire qu'elle était à la recherche d'un responsable pour l'antenne de KTV à Alger : «J'ai alors proposé à Mme Djazerli la journaliste de l'ENTV Soraya Bouamama. J'en ai fait part à Mme Toumi qui m'a dit textuellement : ''pourquoi pas vous''.»
L'inculpée s'arrête un moment avant d'ajouter : «Je peux parler, madame la présidente. Il y a autre chose mais je ne sais pas s'il faut le dire.» «Vous pouvez tout dire. Nous n'interdisons à personne de parler et le tribunal s'assume. Citez tous les noms que vous voulez», dit Mme Brahimi, un peu froissée. Mme Bensouda termine son histoire en disant que la ministre lui avait demandé de rejoindre KTV par rapport aux prochaines élections : «J'ai fait remarquer à Mme la ministre que je n'avais jamais pensé travailler un jour chez le privé. Elle m'a dit qu'une solution allait être trouvée et que ma place allait être préservée. J'étais donc en mission spéciale. Mme Toumi a appelé le secrétaire général du ministère pour qu'il trouve la formule me permettant d'aller à KTV sans perdre ma place.» Mme Brahimi : «Vous avez été détachée ?» Mme Bensouda s'impatiente : «Non madame, j'étais en mission, mandatée par la ministre, porte-parole du gouvernement. Ce n'était pas mon initiative mais celle de l'Etat.» Elle continue d'expliquer sa «mission» qui a duré trois mois à la tête de KTV à Alger, de janvier à avril 2003.

«Responsable d'une antenne privée sous tutelle du ministère»
La juge l'interrompt : «Ce n'est pas clair tout cela. Vous étiez payé par le ministère mais vous aviez un contrat de travail avec KTV ?» «Je sais, madame, mais il ne s'agit pas d'un contrat de travail. J'avais juste une décision signée par Abdelmoumene Khalifa. Je suis commis de l'Etat et j'ai été nommée par décret présidentiel. On m'a demandé de faire une mission, je l'ai faite», dit-elle. «Vous êtes commis de l'Etat et vous devez respecter la loi ?», dit de nouveau la présidente de séance. «Je vous raconte ce qui s'est passé, Mme la juge.» «Mais vous étiez directrice de KTV et payée par le ministère. On peut donc dire que vous étiez responsable d'une antenne privée sous la tutelle d'un ministère», dit la juge avant de poser la question : «Etiez-vous payée à KTV ?» L'inculpée répond par la négative. «Personne ne m'a payée. Ni le salaire ni le poste ne m'intéressaient. J'étais en mission», continue de répéter Mme Bensouda. Elle nie avoir reçu un quelconque privilège de la chaîne privée. «Et le véhicule à cause duquel vous êtes devant nous aujourd'hui ?» demande la juge. «Il y avait 30 véhicules dans le parc de l'antenne dont j'étais la responsable et j'avais la charge d'assurer le matériel de plusieurs milliards. A KTV, il y avait plus de matériel qu'à la CNN, je peux l'assurer», dit-elle avant d'expliquer qu'elle utilisait une Polo qu'un chauffeur conduisait pour elle. Mme Brahimi demande à l'inculpée de préciser les dates. «Je sais que vous n'aimez pas le contexte politique mais je ne peux pas répondre sans lier cette affaire à la politique. A cette époque Abdelmoumene venait de nommer quelqu'un d'autres à ma place. Ce dernier s'est présenté avec une décision du P-DG du groupe pour récupérer tout le matériel de l'antenne. Ce que j'ai refusé. J'ai alors contacté l'administrateur par le biais d'un avocat et j'ai payé de mon propre argent un huissier de justice pour faire l'inventaire du matériel et le remettre à l'administrateur. J'ai demandé, un écrit à l'appui, à garder le véhicule [la Polo] et j'ai reçu un accord écrit de l'administrateur. Quelque temps après, mon mari a été muté à l'étranger où je l'ai rejoint. J'ai laissé le véhicule chez mes parents en leur demandant de ne le remettre qu'à la gendarmerie ou l'administrateur. C'est peut-être une négligence de ma part, je le sais. Quelque temps après j'ai reçu une convention de la gendarmerie, je suis rentrée de l'étranger et j'ai remis personnellement le véhicule.» «Pourquoi l'avoir gardé ?» insiste la juge. Mme Bensouda s'énerve : «J'ai tout fait pour rendre un matériel coûtant des dizaines de milliards et je vais voler une Polo !» C'est autour de la présidente de s'emporter et de rappeler à l'inculpée qu'elle comparait devant le tribunal pour abus de confiance et non pour vol. Le procureur général, en prenant la parole, lui demandera si elle avait rencontré Abdelmoumene Khalifa. Cette dernière dit ne l'avoir jamais vu de sa vie. Elle niera avoir été derrière la location des locaux ayant abrité l'antenne de KTV et dira que la tutelle savait évidemment que Maamar Djebour (entendu comme témoin dans cette affaire) travaillait à KTV au moment où il était à la Chaîne III. Elle ajoutera qu'il y avait une convention entre l'ENTV et KTV et que la condition de recrutement des journalistes de l'ENTV était l'accord préalable du DG de l'Unique.

«Je n'ai pas envie de parler parce que je ferai la une de toute la presse»
Le parquet lui demande ensuite comment elle s'expliquait ses négociations sur le salaire avec Djamel Guelimi (accusé) qui a remplacé Djazerli à la tête de KTV, alors qu'elle était en mission spéciale. Mme Bensouda est formelle : «Je n'ai jamais négocié mon salaire. Les journalistes percevaient 100 000 DA et 1 000 euros. J'étais nommée directrice, il m'a été proposé 200 000 DA et 2 000 euros mensuellement. Je n'ai reçu que 200 000 DA de Guelmi en contrepartie des 3 mois de travail. C'est moi qui l'ai déclaré au juge d'instruction et le ministère le savait.
«Mme Toumi m'a demandé de négocier mon salaire.» La présidente revient à la charge et demande : «Qui est El Mekedem que vous avez cité devant le juge d'instruction ?» Mme Bensouda semble gênée : «Je n'ai pas envie de parler, parce que je ferai la une de toute la presse. Je dis seulement qu'il s'agit d'une personne venue avec la décision de Abdelmoumene Khalifa.» Quand Mme la juge demande à Djamel Guellimi de se lever pour la confrontation, ce dernier dira juste que les 20 millions de centimes ont été donnés à Mme Bensouda sur instruction du P-DG. Il ajoutera que Soraya Bouamama a assuré la rédaction de KTV de l'antenne d'Alger et que Mounir Boudjemaa était chargé de KNews. Après un moment de tension et des explications de la juge qui a déclaré refuser que le procès soit politisé, Me Berghel a demandé au tribunal de convoquer la ministre, Mme Toumi. La présidente lui expliquera alors que sa demande est rejetée parce que la procédure n'a pas été respectée : «Vous connaissez, maître, la procédure. Je ne refuse pas parce que c'est la ministre et j'aurais aimé que votre demande ait été faite à temps. Je respecte les lois.» Me Berghel saute alors sur l'occasion pour rappeler au tribunal qu'il avait formulé dans le respect des procédures une demande pour qu'Ahmed Ouyahia, l'ex-chef de gouvernement, soit entendu. «Le premier jour, maître, je vous avais dit que si le tribunal jugeait son témoignage important nous le convoquerons. Je vous dis aujourd'hui que le tribunal juge que le témoignage de M. Ouyahia ne nous avancera pas à grand-chose. Donc nous n'allons pas le faire.»

H. Y.
El Watan Edition du 18 février 2007 > Actualite

Khalida Toumi désigne une de ses cadres à Khalifa TV
Plusieurs accusés, poursuivis pour abus de biens sociaux, ont été entendus durant l'après-midi. D'abord, Lynda Benouis, directrice de la monétique à El Khalifa Bank.

Le tribunal lui reproche d'avoir bénéficié d'un crédit de 9 millions de dinars, qu'elle dit avoir remboursé à Abdelmoumen en trois tranches. En 2001, sa mère était malade et devait déménager de son logement situé au 6e étage. Elle avait demandé au défunt Aloui si la banque accordait des crédits pour l'achat d'un logement. Il l'oriente vers Abdelmoumen qui, selon le responsable, était le seul habilité à accorder les prêts. « J'ai vu le PDG et je lui ai dit que c'était une urgence. De ce fait, il m'a dit qu'il m'avançait la somme de son propre argent. Il m'a demandé les coordonnées de la personne qui devait me vendre l'appartement au boulevard Mohammed V, à Alger, et il lui a viré le montant de 9 millions de dinars. Lorsque j'ai commencé le remboursement, le PDG m'a demandé de lui remettre les montants en main propre. Ce que j'ai fait, mais à la fin je lui ai fait une lettre de remerciements et sollicité un accusé de réception. Ce qu'il a fait », déclare l'accusée, en précisant que la personne qui lui a prêté le montant remboursé est décédée en 2002. La présidente demande à Benouis comment elle qualifie ce crédit. « Un prêt personnel », dit-elle. La magistrate : « Quelle preuve avez-vous ? » L'accusée : « Je n'ai aucun document. Lorsque je rentrais dans le bureau du PDG il était toujours seul. Mais sa secrétaire peut témoigner que je venais le voir. De plus, j'ai la lettre où il m'accuse réception. » La présidente : « Le montant porté sur le contrat est de 5 millions de dinars. » L'accusé : « J'ai remis 9 millions de dinars. Si le vendeur a fait une fausse déclaration, ce n'est pas de ma faute. » La présidente l'interroge sur la visite qu'elle a effectuée au bureau de la mutuelle des P et T, avec Chaâchaouâ Abdelhafid et Tahar Mekader. Elle révèle qu'elle y est allée à titre de directrice de la monétique pour proposer des services, notamment en matière de paiement électronique, aux clients de la banque. Ce qui explique, dit-elle, qu'elle y est retournée, une fois que la mutuelle était cliente pour lui faire des offres. « Le PDG m'a demandé de récupérer à l'occasion les conventions, du fait que les responsables étaient indisponibles », dit-elle. Pour elle, les cartes magnétiques ne sont pas des mesures d'accompagnement. Pour les avoir, dit-elle, il faut impérativement avoir un compte alimenté, que ce soit en dinars (constituant 80% des cartes) ou en devises représentant 20% des cartes. A ce titre, elle affirme que les Mastercard et les American Express sont de plusieurs types et en aucun cas elles ne peuvent être délivrées sans le compte. Il y a de la plus petite, à 200 euros de crédit, jusqu'à 3000 euros, en passant par 500 et 1000 euros. La carte bleue par exemple est à 3000 euros minimum, dont la moitié est bloquée par la banque. Elle affirme que lors du blocage effectué par la CSC à Beyrouth et la Bahreïn Express à Manama, en mars 2003, seul Mastercard continuait à transmettre les dernières dépenses qui n'ont pas été payées par Khalifa. La présidente interroge l'accusé sur une écriture comptable à propos du virement du montant de 9 millions de dinars. « L'écriture fait état de l'acquisition d'une villa de la monétique », déclare la juge. L'accusée : « Je ne sais pas. C'est au niveau de la banque. J'ai acheté un appartement. » La juge appelle Mir Omar, ancien directeur de l'agence de Chéraga. Il déclare que sur instruction du PDG, la DG a débité le compte de la direction des moyens généraux et le libellé faisait état de l'acquisition d'une villa pour la monétique. La présidente : « Vous ont-ils envoyé les preuves ? » L'accusée : « Non. »

Un pied dans le privé et un autre dans l'Etat

Elle appelle Bensouda Samira (Hadj Djilani), ex-directrice de la presse écrite au ministère de la Communication, poursuivie pour abus de confiance. Elle occupait le poste de directrice générale de l'antenne d'Alger de Khalifa TV, alors dirigée, selon elle, par Mounir Boudjemâa, et Khalifa News, par Soraya Bouâamama. Elle affirme que Djaouida Djazourli l'a appelée, lui demandant des noms à même de prendre en charge l'antenne d'Alger. Elle l'a reçue à son bureau alors qu'elle était directrice de la presse au ministère de la Communication, sur instruction de la ministre de la Communication et de la Culture et en même temps porte-parole du gouvernement. « Elle était accompagnée par Nadjia Bouzeghrane et voulait une accréditation pour l'antenne. Nous avons longuement parlé des objectifs des deux chaînes, qui devaient, selon Djazourli, soigner l'image du pays. Nous avions les mêmes principes. » La présidente : « Je n'ai pas encore saisi. Vous étiez au ministère de la Communication ? » L'accusée : « J'y arrive. Le bureau a donc été accrédité. Djazourli m'a invitée à aller voir à Paris comment la chaîne fonctionne. J'y suis allée et j'y ai passé deux jours au cours desquels j'ai eu à m'entretenir avec les journalistes et la rédactrice en chef Nadjia Bouzeghrane. A mon retour, j'ai fait un rapport détaillé à ma ministre. Celle-ci m'a demandé de prendre le poste de directrice. J'ai hésité, puis j'ai fini par accepter. » L'accusée demande à la juge si elle peut continuer. La présidente : « Est-ce que nous avons cousu les lèvres à quelqu'un dans ce tribunal ? Continuez. » L'accusée : « J'ai dit à Madame la ministre : ''Et ma situation ?'' Elle m'a dit qu'elle ne sera pas touchée et qu'elle sera préservée. Elle m'a clairement dit que j'étais en mission à Khalifa. J'ai accepté, non pas pour le salaire, mais uniquement parce que c'était une mission dont j'étais convaincue. » La présidente : « Avez-vous signé un document ? » L'accusée : « Non, mais le secrétaire général était au courant de tout cela. » La magistrate : « Qu'avez-vous compris. Est-ce une mission personnelle ou de l'Etat ? » L'accusée : « Au début, pour moi, c'était une mission de l'Etat. J'étais payée par le ministère de la Communication, mais trois mois après (janvier à avril), j'ai démissionné de KTV. » La présidente : « Je n'ai toujours pas compris. Vous êtes nommée comment ? » L'accusée : « Par décret présidentiel. » La juge : « Il y a là une confusion dans les fonctions. Comment accepter d'aller travailler chez le privé en restant payée par le ministère ? Vous êtes un cadre. Vous ne pouvez changer comme cela. C'est comme si moi demain je décide de porter la robe des avocats, et Dieu seul sait que souvent j'ai envie de la porter pour aller plaider. C'est comme Maâmar Djebbour, qui était en même temps à la radio et à Khalifa. Etiez-vous au courant ? » L'accusée : « J'étais chargée de la presse écrite (...) J'ai eu une décision signée par Abdelmoumen. » A propos de son salaire, elle affirme n'avoir jamais négocié ou demandé un quelconque revenu, du fait qu'elle était payée par le ministère de la Communication à 70 000 DA par mois. Néanmoins, elle avoue que Djamel Guellimi lui a soulevé cette question en qualité de directeur général de KTV. Il en a par la suite informé le PDG, qui lui a fait une avance de 200 000 DA sur les trois mois de travail. L'accusée estime n'avoir rien demandé. Elle avait plus peur pour le matériel de plusieurs dizaines de milliards menacé de vol par des gens dont elle refuse de citer les noms. La présidente lui demande de parler de la Polo dont elle avait bénéficié à titre de responsable. Elle demande à Djellab, l'administrateur, de la garder. Entre-temps, son mari est nommé à l'étranger, elle part en la laissant dans le garage jusqu'à ce que les gendarmes la convoquent. Pour elle, c'est une négligence et rien de plus. Le procureur général revient sur le salaire de l'accusée, 200 000 DA, et 2000 euros. Elle révèle que la grille des salaires des rédacteurs en chef était de 100 000 DA et 1000 euros. Elle précise, néanmoins, que la somme en devises, ils ne l'ont jamais perçue. « Comment expliquer que vous receviez votre salaire de Khalifa et du ministère de la Communication ? Vous êtes un commis de l'Etat. » L'accusé : « Je suis la seule personne qui n'était pas intéressée par l'argent ou le statut. Le ministre était au courant. » La présidente : « Nous ne travaillons pas dans un souk. Vous êtes nommée par décret présidentiel. » L'accusée : « Je n'ai rien négocié. » La présidente appelle Guellimi qui confirme les propos de l'accusée. Celle-ci perd son contrôle et affirme qu'elle refuse de citer des noms qui risquent de se retrouver à la une des journaux. La présidente : « Ne me menacez pas. Si je vous dis de parler, faites-le et j'assume tout ce qui se dit ici. Aucun nom ne me fait peur. Citez tous les noms que vous voulez. » Me Berghel profite de l'occasion et demande la convocation de Mme la ministre Khalida Toumi. La présidente : « J'ai dit qu'aucun nom ne me fait peur. Je veux juste le respect de la procédure. Vous avez demandé la présence de Ahmed Ouyahia, je vous ai dit que si la nécessité le demande au cours des audiences je le ferai. Cela n'a pas été le cas. Je refuse catégoriquement de politiser le dossier ou que ce tribunal soit transformé en tribune politique. Je m'en tiens uniquement à l'accusation contenue dans l'arrêt de renvoi. Vous pouvez dire ce que vous voulez, mais de grâce, ne politisez pas le dossier. »

Les accusés poursuivis pour abus de confiance

Plusieurs autres accusés poursuivis pour abus de confiance ont été entendus. D'abord, Boukerna Hakim, chargé de la sécurité à KTV, qui aurait pris un véhicule, une Berlingo Citroën, qu'il aurait oublié de restituer. L'accusé Lahlou Toufik a été très direct. Il refuse de restituer l'Accent Hyundai, parce que Khalifa Construction ne lui a pas versé ses derniers salaires. Ledjlat Lilya révèle n'avoir pas été informée qu'il fallait restituer le véhicule, resté dans son garage. Haddadi Sid Ahmed, directeur de la finance et de la comptabilité à Antinéa, affirme ne pas avoir restitué le micro-ordinateur de l'entreprise, parce qu'il n'était pas au courant de la procédure. Mais, il affirme que la société lui devait 200 000 DA, le prix du portable, selon la magistrate. Jean Bernard, ancien instructeur et directeur d'exploitation à Antinéa, explique lui aussi que le micro portable ne vaut absolument rien par rapport à ses arriérés de salaires de 550 000 DA. Il n'a pas restitué le micro du fait de l'opacité qui entourait l'entreprise. Mohamed Belkbir Omar, exerçant à Khalifa Santé, puis gérant de Khalifa Imprimerie, poursuivi pour une Cielo de Khalifa Pharma, déclare avoir remis le véhicule au frère de Abdelmoumen, et il a refusé de le prendre. Meziane Bentahar Benmohamed, activant à Khalifa Santé, est poursuivi pour n'avoir pas rendu une Opel, et ce, durant plus d'une année. Il révèle qu'il doit à l'entreprise 800 000 DA, mais précisant que cela n'a rien à avoir avec la voiture qu'il a prise. Djaout Mustapha n'a pas restitué une Clio. Il travaillait à Khalifa Airways, puis à Antinéa. Il explique n'avoir pas rendu la voiture parce que personne ne lui a signé la fin de ses fonctions. Belkacem Rabah, a quant à lui gardé un véhicule de la société, et il attendait que les responsables l'appellent pour la lui réclamer. C'était l'argent versé par leurs clients qui travaillaient avec El Khalifa Bank. Ce placement n'est pas ordinaire du fait que l'entreprise avait bénéficié d'un taux d'intérêt de 2% sur les facilités de compte courant. Le procès reprend aujourd'hui avec l'audition d'autres accusés. Il semble toucher à sa fin, puisque la partie civile commencera ses plaidoiries à partir de lundi prochain.

Salima Tlemçani
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# Posté le dimanche 18 février 2007 09:00

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