La roche Tarpéienne est près du Capitole dit l'adage latin. Le Capitole était la colline sacrée de la Rome antique, lieu principal du pouvoir et du culte, du haut de la toute proche roche Tarpéienne, on précipitait les condamnés à mort. La déchéance n'est jamais éloignée du pouvoir. Archives la Torche - Droits réservés -
Secret : La révolte cachée des tirailleurs algériens
Le samedi 25 janvier 1941 plus de 800 tirailleurs algériens du Régiment de Marche du Levant caserné à Maison –Carrée, s'étaient mutinés au moment de l'appel de 21h30.
Les cadenas des chaînes qui, dans toute l'Afrique du Nord, attachent les fusils dans les râteliers avaient été brisés. C'était une mesure de sécurité pour éviter les vols de nationalistes présents ou infiltrés.
Les tirailleurs avaient pris les fusils, massacré à coups de baïonnettes les Français, gradés ou non et s'étaient répandus dans le quartier.
Les tirailleurs avaient pris les fusils, massacré à coups de baïonnettes les Français, gradés ou non et s'étaient répandus dans le quartier.
Ils avaient surpris et tué les sentinelles du dépôt des munitions et deux magasins où étaient entreposées les cartouches destinées à l'instruction du tir.
Le capitaine de service et plusieurs gradés qui avaient tenté de ramener le calme avaient été abattus.
Au nombre de huit cents, il s'étaient répandus dans Maison -Carrée, complètement déchaînés et appelant au Djihad tout croyant.
Il y eut en une heure vingt trois morts les et plus de cent trente blessés dans la population française.
La révolte aurait pu s'étendre aux garnisons voisines sans la réaction de sous-officiers français du 5e.Régiment de Chasseurs d'Afrique qui s'étaient attardés dans leur mess voisin du quartier des tirailleurs.
L'alerte fut donnée tant à Maison-Carrée qu'à Hussein-Dey et Alger. Ils firent sortir des voitures blindées qui se lancèrent dans les rues mitraillant les émeutiers qui furent rapidement refoulés hors de la ville.
Les unités de la Garde Républicaine mobile purent aussi intervenir, avec leurs blindés ,et cerner ceux qu'on appela déjà rebelles.
Hélas, les mutins étaient sans chefs. Désemparés par la rapide intervention des voitures blindées, ils se dispersèrent dans la campagne n'ayant prévu ni objectif, ni but précis.
Si certains se retranchèrent derrière le mur d'un cimetière, d'autres retournèrent à leur quartier mais le plus grand nombre s'enfuit dans les bois de Fort-de l'Eau.
Si le cimetière fut pris rapidement, par contre la résistance dans les bois fut très vive et dura jusqu'au dimanche soir. Mais il fallut plusieurs jours pour retrouver ceux qui avaient rejoint les zones plus éloignées rurales, habitées par des mechtas ou isolées et propices à se cacher.
Des civils français à l'hallali !
La version officielle –donc vos archives, messieurs les historiens qui les exploitent plutôt que rechercher les témoins de l'Histoire – osèrent préciser que n'étaient abattus que ceux qui ne se rendaient pas à la première sommation. En vérité comme d'habitude les Arabes furent tirés à vue comme des lapins. Et comme d'habitude certains civils français prirent part à la curée, tuant quelques fellahs jugés, évidemment, complices.
Les recherches durèrent pour retrouver les armes manquantes, des primes proposées mais sans succès, nos braves fellahs eurent encore à souffrir de l'arbitraire, aux coups, aux interrogatoires, aux habituelles tortures.(1)
Le Général Weygand supervisait l'ensemble des opérations.
La propagande française n'hésita pas à accuser des éléments évadés d'Allemagne qui avaient pu être endoctrinés par les services allemands qui facilitèrent « leurs évasions ».
Ces soldats venus de différents régiments avaient besoin de chefs conscients pour cimenter cette unité. Bien au contraire, à commencer par le Colonel de ce régiment, homme sans nuance , avait utilisé la manière dite forte c'est à dire pleine d'injustices envers les algériens. Ils les fit mener comme des galériens alternant marches épuisantes et repos minimum.
Dès le mardi matin, le Tribunal Militaire d'Alger siégeant en Cours Martiale, c'est à dire sans appel, commença à juger les mutins, dans l'urgence et la précipitation au fur et à mesure que l'instruction bâclée était déclarée achevée.
Les dix premiers comparurent – neuf militaires et un civil . Ce dernier accusé d'avoir caché 3 fusils – fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Les neuf tirailleurs condamnés à mort.
Le vendredi suivant , le maréchal Pétain ayant refusé leur grâce – lui qui avait osé faire fusiller des poilus lors de la première guerre mondiale – voir « Les chemins de la gloire » de Stanley Kubrick – les neuf condamnés à mort furent extraits de leurs cellules de la prison militaire d'Alger et conduits au polygone de tir d'Hussein-Dey.
Là devant toutes les garnisons d'Alger, d'Hussein-Dey et de Maison-Carrée avec au premier rang les éléments restants du régiment de Marche du Levant, les neuf hommes furent passés par les armes.
La boucherie des exécutions
Ce fut horrible. Parmi les hommes désignés pour former le peloton d'exécution il y avait des marins, des aviateurs, tous très jeunes recrues et qui n'avaient pour beaucoup jamais tenu un fusil encore. Beaucoup tirèrent en fermant les yeux et les salves ne furent pas mortelles pour certains condamnés. Deuxième erreur pour les maintenant suppliciés :le pistolet réglementaire de 7,65 m/m se révéla insuffisamment puissant pour donner le coup de grâce derrière l'oreille. Il en résultat qu'il fallut doubler ou tripler les coups en fonction des indications des médecins militaires présents. Et tout cela pendant que l'on faisait défiler le Régiment rebelle devant les suppliciés !
Pendant trois mois, à raison de deux à trois séances par semaine, 163 jugés rebelles et coupables comparurent devant le Tribunal par brochettes de huit à douze.
Si une quinzaine furent acquittés au bénéfice du doute, quarante huit furent condamnés à mort ; le reste à des peines diverses de travaux forcés.
Le régiment fut dissout ; le Colonel simplement mis à la retraite. Les autres soldats du régiment qui n'avaient pas été condamnés furent envoyés en résidence surveillée dans leurs tribus confiés à la vive attention de leurs caïds ou des chefs traditionnels nommés par le Caïd ou l'administrateur. Ils allaient , leur vie durant devenir des serfs corvéables à merci et versés dans l'esclavage pour certains collaborateurs zélés de la colonisation..
Le Général Weygand, chacun se renvoyant la responsabilité de l'insurrection, déclara que le ferment avait été apporté de l'extérieur et que l'implication du PPA ne fait pas de doute. La mutinerie lui paraît constituer « une manifestation extérieure et violente d'un malaise politique qui s'accroît rapidement.
La preuve : conduits vers la zone de tirs les suppliciés levèrent l'index et récitèrent la « Chahada »ce qui constituait une preuve.....d'appartenance au PPA !
Cette insurrection pèsera lourdement sur le déroulement du procès de Messali Hadj et de ses vingt-huit lieutenants qui s'ouvrit en Mars 1941. Ignorant les appels à la clémence des autorités locales, les juges militaires, tous bons collabos vichystes, convaincus de la culpabilité du PPA dans la mutinerie, rendirent un verdict sévère. Messali sera condamné à seize ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour.
Ce dossier sera couvert par le secret et ne sera pas connu du grand public et de nombreux historiens.
(1) La torture fut pratiquée par les armées coloniales y compris la Gendarmerie française depuis 1830. Colette et Francis Jeanson rappellent plusieurs affaires de tortures dans leur ouvrage « l'Algérie Hors la-loi » Editions du Seuil – 1955-
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Secret : La révolte cachée des tirailleurs algériens
Le samedi 25 janvier 1941 plus de 800 tirailleurs algériens du Régiment de Marche du Levant caserné à Maison –Carrée, s'étaient mutinés au moment de l'appel de 21h30.
Les cadenas des chaînes qui, dans toute l'Afrique du Nord, attachent les fusils dans les râteliers avaient été brisés. C'était une mesure de sécurité pour éviter les vols de nationalistes présents ou infiltrés.
Les tirailleurs avaient pris les fusils, massacré à coups de baïonnettes les Français, gradés ou non et s'étaient répandus dans le quartier.
Les tirailleurs avaient pris les fusils, massacré à coups de baïonnettes les Français, gradés ou non et s'étaient répandus dans le quartier.
Ils avaient surpris et tué les sentinelles du dépôt des munitions et deux magasins où étaient entreposées les cartouches destinées à l'instruction du tir.
Le capitaine de service et plusieurs gradés qui avaient tenté de ramener le calme avaient été abattus.
Au nombre de huit cents, il s'étaient répandus dans Maison -Carrée, complètement déchaînés et appelant au Djihad tout croyant.
Il y eut en une heure vingt trois morts les et plus de cent trente blessés dans la population française.
La révolte aurait pu s'étendre aux garnisons voisines sans la réaction de sous-officiers français du 5e.Régiment de Chasseurs d'Afrique qui s'étaient attardés dans leur mess voisin du quartier des tirailleurs.
L'alerte fut donnée tant à Maison-Carrée qu'à Hussein-Dey et Alger. Ils firent sortir des voitures blindées qui se lancèrent dans les rues mitraillant les émeutiers qui furent rapidement refoulés hors de la ville.
Les unités de la Garde Républicaine mobile purent aussi intervenir, avec leurs blindés ,et cerner ceux qu'on appela déjà rebelles.
Hélas, les mutins étaient sans chefs. Désemparés par la rapide intervention des voitures blindées, ils se dispersèrent dans la campagne n'ayant prévu ni objectif, ni but précis.
Si certains se retranchèrent derrière le mur d'un cimetière, d'autres retournèrent à leur quartier mais le plus grand nombre s'enfuit dans les bois de Fort-de l'Eau.
Si le cimetière fut pris rapidement, par contre la résistance dans les bois fut très vive et dura jusqu'au dimanche soir. Mais il fallut plusieurs jours pour retrouver ceux qui avaient rejoint les zones plus éloignées rurales, habitées par des mechtas ou isolées et propices à se cacher.
Des civils français à l'hallali !
La version officielle –donc vos archives, messieurs les historiens qui les exploitent plutôt que rechercher les témoins de l'Histoire – osèrent préciser que n'étaient abattus que ceux qui ne se rendaient pas à la première sommation. En vérité comme d'habitude les Arabes furent tirés à vue comme des lapins. Et comme d'habitude certains civils français prirent part à la curée, tuant quelques fellahs jugés, évidemment, complices.
Les recherches durèrent pour retrouver les armes manquantes, des primes proposées mais sans succès, nos braves fellahs eurent encore à souffrir de l'arbitraire, aux coups, aux interrogatoires, aux habituelles tortures.(1)
Le Général Weygand supervisait l'ensemble des opérations.
La propagande française n'hésita pas à accuser des éléments évadés d'Allemagne qui avaient pu être endoctrinés par les services allemands qui facilitèrent « leurs évasions ».
Ces soldats venus de différents régiments avaient besoin de chefs conscients pour cimenter cette unité. Bien au contraire, à commencer par le Colonel de ce régiment, homme sans nuance , avait utilisé la manière dite forte c'est à dire pleine d'injustices envers les algériens. Ils les fit mener comme des galériens alternant marches épuisantes et repos minimum.
Dès le mardi matin, le Tribunal Militaire d'Alger siégeant en Cours Martiale, c'est à dire sans appel, commença à juger les mutins, dans l'urgence et la précipitation au fur et à mesure que l'instruction bâclée était déclarée achevée.
Les dix premiers comparurent – neuf militaires et un civil . Ce dernier accusé d'avoir caché 3 fusils – fut condamné aux travaux forcés à perpétuité. Les neuf tirailleurs condamnés à mort.
Le vendredi suivant , le maréchal Pétain ayant refusé leur grâce – lui qui avait osé faire fusiller des poilus lors de la première guerre mondiale – voir « Les chemins de la gloire » de Stanley Kubrick – les neuf condamnés à mort furent extraits de leurs cellules de la prison militaire d'Alger et conduits au polygone de tir d'Hussein-Dey.
Là devant toutes les garnisons d'Alger, d'Hussein-Dey et de Maison-Carrée avec au premier rang les éléments restants du régiment de Marche du Levant, les neuf hommes furent passés par les armes.
La boucherie des exécutions
Ce fut horrible. Parmi les hommes désignés pour former le peloton d'exécution il y avait des marins, des aviateurs, tous très jeunes recrues et qui n'avaient pour beaucoup jamais tenu un fusil encore. Beaucoup tirèrent en fermant les yeux et les salves ne furent pas mortelles pour certains condamnés. Deuxième erreur pour les maintenant suppliciés :le pistolet réglementaire de 7,65 m/m se révéla insuffisamment puissant pour donner le coup de grâce derrière l'oreille. Il en résultat qu'il fallut doubler ou tripler les coups en fonction des indications des médecins militaires présents. Et tout cela pendant que l'on faisait défiler le Régiment rebelle devant les suppliciés !
Pendant trois mois, à raison de deux à trois séances par semaine, 163 jugés rebelles et coupables comparurent devant le Tribunal par brochettes de huit à douze.
Si une quinzaine furent acquittés au bénéfice du doute, quarante huit furent condamnés à mort ; le reste à des peines diverses de travaux forcés.
Le régiment fut dissout ; le Colonel simplement mis à la retraite. Les autres soldats du régiment qui n'avaient pas été condamnés furent envoyés en résidence surveillée dans leurs tribus confiés à la vive attention de leurs caïds ou des chefs traditionnels nommés par le Caïd ou l'administrateur. Ils allaient , leur vie durant devenir des serfs corvéables à merci et versés dans l'esclavage pour certains collaborateurs zélés de la colonisation..
Le Général Weygand, chacun se renvoyant la responsabilité de l'insurrection, déclara que le ferment avait été apporté de l'extérieur et que l'implication du PPA ne fait pas de doute. La mutinerie lui paraît constituer « une manifestation extérieure et violente d'un malaise politique qui s'accroît rapidement.
La preuve : conduits vers la zone de tirs les suppliciés levèrent l'index et récitèrent la « Chahada »ce qui constituait une preuve.....d'appartenance au PPA !
Cette insurrection pèsera lourdement sur le déroulement du procès de Messali Hadj et de ses vingt-huit lieutenants qui s'ouvrit en Mars 1941. Ignorant les appels à la clémence des autorités locales, les juges militaires, tous bons collabos vichystes, convaincus de la culpabilité du PPA dans la mutinerie, rendirent un verdict sévère. Messali sera condamné à seize ans de travaux forcés et vingt ans d'interdiction de séjour.
Ce dossier sera couvert par le secret et ne sera pas connu du grand public et de nombreux historiens.
(1) La torture fut pratiquée par les armées coloniales y compris la Gendarmerie française depuis 1830. Colette et Francis Jeanson rappellent plusieurs affaires de tortures dans leur ouvrage « l'Algérie Hors la-loi » Editions du Seuil – 1955-
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